Alors qu'on célèbre l'anniversaire de Miguel de Cervantes né le 29 septembre 1547, on ne peut que faire référence à l'essai de René Girard (et tous les autres qui ont suivi où il creuse et développe ses idées premières) Mensonge romantique et vérité romanesque sorti au début des années soixante. Il y est question de "désir mimétique" et d'un monde où tout est imitation et copies avec des variantes diverses. Il y cite pour commencer le célèbre roman de Cervantes où Don Quichotte "imite", prend "modèle" sur les romans de chevalerie du Moyen Age pour mener sa vie à sa manière dans un monde "moderne" qui a évolué. Girard complètera par la suite sa façon de voir et ses hypothèses autour de la notion notamment de "bouc émissaire". Mais comment ne pas citer Girard, même pour le contredire ou le compléter, pour décrire les situations actuelles liées à l'"affaire" Thélyson Orélien et au "rewriting" généralisé lié notamment à l'IA ?
Mensonges romantiques ou vérités romanesques, donc ? Tout est copies ou il y a t-il la place aux singularités ou à l'originalité ? Crises d'indifférenciations dans un monde de doubles mimétiques ? Boussoles qui s'affolent autour de boucs émissaires montrés du doigt ou bien qu'on choisit sciemment de "sacrifier" ? L'usage de l'IA qui capte et copie tout - où les personnes et même les individualités viennent à s'effacer et où ne resteraient que des "dividualités" et des "datas" - demande un effort de conceptualisation supplémentaire. Mais les pistes sont ouvertes.
Sinon, j'entendais partiellement dans une interview sur France Inter, l'écrivain Giuliano da Empoli, auteur précédemment du Mage du Kremlin, pour la sortie de son nouveau roman Le Fondateur à propos de Peter Thiel patron de Palantir technologies. Ainsi, selon Empoli, Thiel veut instaurer "un nouveau grand remplacement pour remplacer la réalité telle qu'on la connaît par une nouvelle réalité déterminée par les usages du numérique et de l'IA". Cependant, question : les "fondateurs" de cette nouvelle réalité très technologique ne risquent t-ils pas de se cogner, de se heurter aux réalités physiques et écologiques d'une planète finie soumise à une surexploitation qui perturbe les mécanismes naturels tandis que la multiplication des data centers accapare des ressources en concurrence avec des usages plus essentiels ? On sait que Thiel se réclame également des théories de René Girard. Oui, mais dans quel sens ? En est-il question dans le roman de Empoli ? On notera que Michel Serres, comparse de Girard à Stanford, philosophe des sciences mais aussi influencé par les théories mimétiques, dénonçait "la guerre mondiale" que l'Humanité mène à l'encontre de son Environnement.
Pour les divers aspects de cet article, je renvoie à de nombreux articles de ce blog dont notamment une étude sur Peer Gynt d'Ibsen qui en a inspiré plus d'un.
Pour terminer, un mot de soutien à mes anciens collègues enseignants et aux lycéens qui défilent en ce moment dans les rues pour une République meilleure dans son fonctionnement que celle que Emmanuel Macron, entre autres, nous laisse. Quant à moi, même si "l'idée est restée droite", un peu usé, je m'exprime autrement. Remarque : toujours quand on le peut citer honnêtement ses sources. Mais beaucoup, comme encore Emmanuel Macron (toujours lui) hier dans son discours sur l'Europe (avec l'idée récurrente d'"histoire palimpseste"), ne le font pas.
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 29 septembre 2026.
Comme en 2021 à l'occasion de la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte, comme lors de son discours à la Sorbonne sur l'Europe en avril 2024, Emmanuel Macron reprenait une nouvelle fois ce matin lors de l'accueil de Léon XIV à Metz la notion d'"histoire palimpseste" pour caractériser l'histoire de l'Europe. Evidemment, pour essayer de comprendre la notion, on peut se référer à l'essai de Gérard Genette Palimpsestes. La littérature au seconddegré que j'ai moi-même beaucoup utilisé tout en appliquant l'idée de palimpsestes à d'autres domaines que la seule littérature. Mais actualité parallèle oblige, on peut appliquer aussi la notion de palimpseste aux plagiats tel qu'il en est question concernant l'"affaire Thélyson Orélien" à propos de ses écrits. S'y mêle la question de l'usage de l'IA en littérature et du discernement des sources. Plus largement, dans un rewriting généralisé, humain ou artificiel, comment évaluer la valeur ajoutée et la part de créativité apportées par l'"auteur" d'un texte, d'un discours, d'une oeuvre quand il utilise l'IA ou quand il reprend plus largement les idées ou le texte d'autres personnes citées ou pas ? En fonction de cette valeur ajoutée, à combien de degrés au-dessus ou en-dessous de la littérature doit-on considérer les oeuvres issues en plus ou moins grande partie de l'IA ? Tout dépendra des cas.
Emmanuel Macron lors de la commémoration du bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte en 2021. Source intermédiaire : France 24.
Voir aussi les articles du 5 mai 2021 et du 25 avril 2024.
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 28 septembre 2026.
Les médias (en tout genre) rapportent que des rapprochements sont faits entre menace nucléaire et menaces de l'intelligence artificielle. Il est même question de "Hiroshima numérique". Comme le rapporte Courrier international, une tribune de l'historien Timothy Garton Ash dans The Guardian fait le rapprochement. J'ai vu passer également sur Facebook un post de France Culture où un doctorant en sociologie, Irénée Regnault, parlait aussi du sujet. Deux rappels toutefois. Pour le nucléaire, on peut se référer à la pièce de l'Emballage Théâtre écrite par Eric Dasilva en 1992 Je suis Hiroshima 100 000 degrés de plus que toi où il est question aussi de vengeance et de désordres "mimétiques" dans les relations internationales (voir mes articles pour Théâtre/Public : "La violence emballée" en 1992 et "Emballage, mode d'emploi en 1995). Concernant l'intelligence artificielle, revoir Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard où le détective Lemmy Caution, grâce à une énigme poétique, parvient à faire dérailler le fonctionnement de l'ordinateur central qui contrôle la société d'une planète plus ou moins lointaine.
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 28 septembre 2026.
Alors que se termine la visite pontificale de Léon XIV en France, on fête l'anniversaire de la sortie de Abbey rooad, le onzième album des Beatles, en septembre 1969. Si John chantait sur la politique, Paul sur l'amour, George sur la religion, Ringo chantait ici "Octopus garden". Sinon, quelques années plus tôt, c'est en passant à la télévision dans le show de Ed Sullivan (dont le 28 septembre marque l'anniversaire de naissance en 1901) que fut lancée la carrière américaine du groupe britannique. La beatlemania fut toutefois perturbée quand, dans le cadre d'une interview, John Lennon déclara incidemment à la presse que les Beatles étaient devenus plus célèbres que Jésus Christ. Ce qui déclencha opprobre, polémique et scandale dans le monde chrétien, en particulier aux Etats-Unis. "Yesterday" : qui s'en souvient ? les choses sont rentrées dans l'ordre depuis. Mais en 2019, le film Yesterday ,réalisé par Dany Boyle et écrit par Richard Curtis, raconte comment un musicien anglais se réveille dans un monde où les Beatles et leurs chansons ont été mystérieusement oubliés de tous (ou presque). Il acquière alors gloire et célébrité en reprenant à son compte les chansons du groupe qu'il est pratiquement le seul à avoir gardé en mémoire. "What The Beatles ? Qui c'est ça mon coco ? Moi je connais que le batteur qui baratine ma soeur" dirais-je pour pasticher une phrase de Léo Ferré à propos de Victor Hugo. Médiations cachées ou oubliées ? Sources non citées ? Comment reconstituer l'histoire ou la genèse d'une oeuvre ? Questions de vol et de recèle et d'usurpation ? On pense aux questions que soulèvent l'"affaire" Thélyson Orélien avec son livre Cétait ça ou mourir . L'"auteur" fait sans doute figure de bouc émissaire - comme dirait René Girard - dans un monde où tout est copie - comme dirait le même - et où même nos médias institutionnels et nos politiques ne sont pas à l'abri de telles pratiques (une question sociétale qui touche beaucoup de monde). Sur toutes ces questions, voir notamment mon étude sur Peer Gynt d'Ibsen : beaucoup récupérée par d'autres, beaucoup bloquée et jamais publiée. Dois-je la refondre alors dans le rewriting généralisé ou en tirerai-je reconnaissance un jour ? Bréviaire du plagiaire selon un ancien conseiller à la présidence de la République : "être ingrat, mais reconnaissant". Comment passer le mur de la postérité par les temps qui courent ? "Death or glory" dit une chanson des Clash. Sic transit gloria mundi ?
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 28 septembre 2026.
Une Colombe de la Paix par Picasso. Mais pas de paix sans préoccupations écologiques au moment où la crise environnementale est planétaire. A la veille de l'attaque russe contre l'Ukraine, SergueÏ Lavrov faisait alors mine de faire entrer la résolution de la crise environnementale dans le champ de ses préoccupations. Cynisme sans doute. Encore aurait-il fallu le prendre aux mots et mettre réellement l'écologie aux coeur des préoccupations internationales : question de "sûreté" pour tous. Sinon, en matière de relations économiques internationales, Emmanuel Macron n'aurait-il pas dû négocier auprès de l'Arabie Saoudite des investissements non pas dans des parcs d'attraction mais dans des activités économiques réellement durables ?
Source image intermédiaire : Paris musées.
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 22 septembre 2026.
Annie Cohen-Solal en parlait l'an dernier. A l'ONU, la reproduction en tapisserie de la toile de Picasso qui évoque le bombardement de Guernica par l'aviation allemande durant la guerre d'Espagne. Cette attaque marque le début d'une "montée aux extrêmes" dans les bombardements aériens sur des cibles non seulement militaires mais aussi civiles jusqu'aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Mais la pratique des bombardements de civils se poursuit après 1945 jusque de nos jours. Qu'en pensent, notamment, Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ?
Source image intermédiaire : Connaissance des arts.
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 22 septembre 2026.
Le charme de l'humanité en moins (ou en plus...?), l'IA peut-elle concurrencer l'intelligence de Sherlock Holmes ou du lieutenant Columbo...? ou encore de Miss Marple ou d'Hercule Poirot...? voire de Philip Marlowe...? ou de bien d'Autres...?
... ou de nouvelles aventures de Sherlock Holmes liées à l'IA...?
On se souviendra aussi du film Alphaville (1965) de Jean-Luc Godard : quand le détective Lemmy Caution, interprété par Eddie Constantine, réussit à déjouer et à perturber par une énigme poétique le fonctionnement d'un ordinateur central qui contrôle la société d'une exoplanète et dont le savant qui la dirige menace aussi la Terre...
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 15 septembre 2026.
Cela fait maintenant un bail que Joe Strummer est décédé. Je me souviens toutefois d'une interview de lui où il s'étonnait de comment ses filles écoutaient (déjà) Céline Dion... sans qu'il porte de jugement... Les temps changent...? Tomorrow's just another day...?
Dénominations géographiques et influences politiques en Amérique au Sud comme au Nord des Etats-Unis... Une histoire de la littérature américaine : Le lac Ontario ou The Pathfinder ou The inland sea de James Fenimore Cooper...
Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 8 septembre 2026.
La "guerre des Mondes" n'est pas seulement franco-américaine à l'occasion des critiques émises par Marine Tondelier à l'égard d'Elon Musk et de son ingérence et influence nocives dans le débat politique en France. Cette "guerre des Mondes" se passe au sein même de la culture américaine selon l'image que peuvent ou veulent donner d'eux-mêmes les Américains. "Objectif Lune" ? Aux rêves de conquête spatiale industrielle que promeut Musk, je préfère l'imaginaire poétique de Fly me to the moon : chanson composée en 1954 par Bart Howard et interprétée par Frank Sinatra accompagné par l'orchestre de Count Basie. Ambitions françaises en ce domaine : "être le premier pilote qui va porter sur la Lune la recette du boeuf braisé" ? chantait Jacques Higelin... ou "Au clair de la Lune" ? Ce sont des images, mais on peut toujours rêver.
Fly me to the moon Let me play among the stars And let me see what spring is like On a-Jupiter and Mars
In other words, hold my hand In other words, baby, kiss me
Fill my heart with song And let me sing forevermore You are all I long for All I worship and adore
In other words, please be true In other words, I love you
Fill my heart with song Let me sing forevermore You are all I long for All I worship and adore
In other words, please be true In other words, in other words I love you
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Idée de ce blog : fixer et trouver un lieu de publicité pour un certain nombre de textes que j'ai fait passer via le net, au fil de l'actualité (la mienne, celle autour), ces trois dernières années. Trouver la verve pour en écrire d'autres et combler ainsi une forme de vocation journalistique; même si tout cela n'est qu'épisodique, sommaire, irrégulier et ne joue que sur une partie de la gamme.