Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 21:23

"Parmerde, Jumphe 1872

 

(...) Maintenant c'est la nuit que je travaince. De minuit à cinq du matin. Le mois passé, ma chambre, rue Monsieur-le-Prince, donnait sur un jardin du Lycée Saint-Louis. Il y avait des arbres énormes sous ma fenêtre étroite. A trois heures du matin, la bougie pâlit : tous les oiseaux crient à la fois dans les arbres : c'est fini. Plus de travail. Il me fallait regarder les arbres, le ciel, saisis par cette heure indicible, première du matin. Je voyais les dortoirs du lycée, absolument sourds. Et déjà le bruit saccadé, sonore, délicieux des tombereaux sur sur les boulevards. - Je fumais ma pipe-marteau, en crachant sur les tuiles, car c'était une mansarde, ma chambre. A cinq heures, je descendais à l'achat de quelque pain; c'est l'heure. Les ouvriers sont en marche partout. C'est l'heure de se soûler chez les marchands de vin, pour moi. Je rentrais manger, et me couchais à sept heure du matin, quand le soleil faisait sortir les cloportes de dessous les tuiles. Le premier matin en été, et les soirs de décembre, voilà ce qui m'a ravi toujours ici.

Mais, en ce moment, j'ai une chambre jolie, sur une cour sans fond mais de trois mètres carrés. - La rue Victor Cousin fait coin sur la place de la Sorbonne par le café du Bas-Rhin, et donne sur la rue Soufflot, à l'autre extrémité. - Là, je bois de l'eau toute la nuit, je ne vois pas le matin, je ne dors pas, j'étouffe. Et voilà. (...)"

 

Lettre d'Arthur Rimbaud à Ernest Delahaye de juin 1872.

Cf. Les lettres manuscrites de Rimbaud. Lettres d'Europe 1870-1879, Paris, Editions Textuel, 1997. Edition établie par Claude Jeancolas.

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 16 janvier 2021.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 17:24

Dans le film de Jean-Paul Rappeneau Les mariés de l'an II (1971) dont l'action se déroule durant l'an deux de la Première République française, une scène évoque la célébration du culte de la déesse de la Raison à l'intérieur de la cathédrale de Nantes. On y célèbre donc la Raison, mais aussi la Liberté ou la Philosophie... et un hymne à la République et à la Liberté (composé, en fait, pour le film par Michel Legrand sur des paroles de Jean-Paul Rappeneau) y est chanté...

 

Mais à l'heure où ont lieu de nos jours en France des Marches pour les libertés contre les lois "sécuritaires", on peut s'interroger sur les différentes manières dont ont été défendues ou célébrées (institutionnellement ou pas) la Liberté ou les L/libertés depuis la Première République jusqu'à la Cinquième.... Question d'éducation civique... qui a trait tant à l'histoire politique et sociale qu'à l'histoire des représentations...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 15 janvier 2021.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 16:48

Quelles règles suivre (ou pas) en littérature...?

 

Selon Laurence Sterne :

 

"Il faudrait savoir à la fin si c'est à nous autres écrivains de suivre les règles ---- ou aux règles de nous suivre !"

 

Cf. Laurence Sterne, Un voyage sentimental, Auch, éditions Tristram, 2017. Traduction de Guy Jouvet.

 

Remarque du 16 janvier à propos de cette citation :

Où il s'agit ici non pas forcément de "moeurs" (comme certains pourraient l'entendre)... mais de "méthode", de "formes" et de "règles" d'écriture et de de création littéraire...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 15 janvier 2021.

Partager cet article
Repost0
9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 14:46

A l'hiver 2018, la revue America publiait un article de Stephen King, l'auteur de It ( ou ça  : un mal protéiforme qui resurgit par cycle dans une petite ville du Maine), sur "la violence en Amérique". A la même époque, Donal Trump, accédant au pouvoir, se comparait à un "génie". Mais bon ou mauvais "génie"...? Drôle de "génie" qui déchaîne les passions et des forces incontrôlées qui remettent en cause les institutions de la démocratie américaine dans son fonctionnement. Si la démocratie peut se définir comme un "équilibre" (voire comme une "lutte" réglementée ?) et un jeu de pouvoir et de représentation entre les "instances" qui y participent, de nouvelles instances sont apparues toutefois en ce début de XXIe siècle avec Internet : les "réseaux sociaux" et toutes les grandes entreprises de communication (et de vente) qui y sont liées. Au pays des "super héros" et des "grands espaces" aux "frontières" toujours reculées, face à la la grandeur des institutions américaines  (dont il s'est servi) et face au gigantisme de ces entreprises de communication (dont il s'est servi également), face aussi peut-être à la montée en puissance au plan international de la Chine, Donald Trump, dans cette course au "gigantisme", semble vouloir se placer en "géant" de la politique et et de la communication de notre monde actuel... Les comparaisons avec d'autres "géants" réels  ou mythiques sont faciles... mais "comparaison n'est pas forcément raison" comme dit l'adage...  On pense notamment à Gargantua : si ce n'est que l'idéal de société mis en avant par Rabelais à travers, entre autre, l'abbaye de Thélème n'a rien à voir avec "la mauvaise conduite" du président américain sortant...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 9 janvier 2021.

Partager cet article
Repost0
7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 00:57

La scène du steak... Un conflit pour quoi...? pour qui...? Ou comment la violence est détournée par ruse et intimidation...

 

L'élection à la Convention pour l'intégration du Colorado à l'Union...

 

Un film de John Ford d'après une nouvelle de Dorothy M. Johnson. Une leçon d'Education civique...? Le passage d'un Ouest sauvage (en fait de plus en plus peuplé et donc perturbé par des conflits sociaux) de l' "état de nature" - non pas régi par des rapports purement harmonieux, mais par des rapports de force et de violence - à un Etat politique de droits... Deux conceptions opposées des "droits naturels" ? entre ceux conçus et vécus par les habitants de la Frontière... et ceux conçus par les Pères Fondateurs en fonction notamment des idées de John Locke ou de Jean-Jacques Rousseau...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 7 janvier 2021.

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2021 3 06 /01 /janvier /2021 22:49

Les origines de la constitution américaine analysées par Elise Marienstras :

 

<< (...) En mettant en place des institutions fédérales, les Pères Fondateurs ont conscience qu'ils préparent les citoyens à se fondre dans la nation. L'acte créateur n'est donc pas seulement d'ordre législatif, il est éducatif. En 1783, John Jay écrivait :

 

Je suis persuadé qu'il n'y a pas de temps à perdre pour susciter et entretenir un sentiment national en Amérique.

 

La Fédération américaine, inscrite dans la logique historique puisqu'elle résulte de l'union nécessaire pour combattre les Anglais, est bien, une fois l'indépendance acquise, une oeuvre volontaire, consciemment pensée et réalisée par les intellectuels et les dirigeants. Elle vise, comme John Jay le laisse entendre, à développer dans le pays un attachement général à la nation. Elle cherche à donner aussi aux Etats-Unis une place respectable dans le monde. Elle est enfin destinée, estiment les fédéralistes, à créer l'Etat-nation, seule garantie de la permanence d'un "corps" dont les membres sont disparates, et peut-être seule forme de la nation concevable pour des hommes dont la pensée politique s'apparente de si près à celle de Rousseau. >>

 

 

Elise Marienstras, Les mythes fondateurs de la nation américaine. Essai sur le discours idéologique aux Etats-Unis à l'époque de l'indépendance (1763-1800), Paris, Maspero, collection Textes à l'appui, 1977, pp. 134-135.

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : le 6 janvier 2021.

 

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 12:07

"Auspices"... du latin avis (oiseau) et sispere (examiner)... D'après le Larousse : "chez les Romains, présages qui se tiraient en général du vol ou du chant des oiseaux, de la  manière dont ils mangeaient et de certains phénomènes célestes."

 

Alors... par des temps où les oiseaux disparaissent... "à votre avis qu'avons nous vu"... de l'avenir...? Que nous réserve la nouvelle année...? Et sous quels auspices se place t-elle...?

 

A défaut de regarder l'avenir... ou de se fixer sur le présent... on peut se référer également au texte fondateur de la démocratie en France : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 28 août 1789 que les rédacteurs avaient placée sous "les auspices" (autrement dit la protection) "de l'Etre suprême"...

 

Mais qu'est-ce que l'"Etre suprême"...? Qu'entendait-on par là dans la France de 1789...? Et à quelles interprétations pouvait-il et peut-il toujours donner lieu...?  Chacun (croyants, incroyants, crédules, incrédules, déistes, agnostiques, athées...) a pu et peut toujours projeter son avis sur ce que recouvre la notion : Dieu (?), (dieux ?), nation, peuple, citoyens et citoyennes, Raison, Liberté, République (que certains ont pu appeler de leurs voeux dès 1789)... Si le but des députés de la Constituante (fondateurs d'une monarchie constitutionnelle) était de rassembler les Français quelles que soient leurs opinions et d'ouvrir précisément la voie à la liberté d'opinion et de conscience... l'indétermination de la notion a pu susciter aussi des "luttes entre les instances" (pour reprendre une expression que Christian Biet appliquait à l'histoire théâtrale)... A l'heure où la "laïcité"  (du latin laicus et du grec laikos : qui appartient au peuple) est mise en débat, on peut toujours essayer d'en revenir à la DDHC de 1789... Qu'en pense t-on notamment au Conseil Constitutionnel, au Conseil d'Etat et dans les tribunaux administratifs...?

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 1er janvier 2021.

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2020 7 27 /12 /décembre /2020 14:24

Hommage présidentiel d'Emmanuel Macron à Samuel Paty et à propos de la République le 21 octobre 2020 à la Sorbonne :

 

"(...) Samuel Paty fut la victime de la conspiration funeste de la bêtise, du mensonge, de l'amalgame, de la haine de l'autre, de la la haine de ce que profondément, existentiellement nous sommes (...)"

 

Quoi qu'on puisse dire par ailleurs, c'était bien dit.

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : le 27 décembre 2020.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 23:34

An American in Paris (1951) de Vicente Minnelli.

 

Rear window (1954) d'Alfred Hitchcock.

 

Mon oncle (1958) de Jacques Tati. Un vieil immeuble parisien à la fin des années 50.

 

Mon oncle (1958) de Jacques Tati. Une maison moderne à la fin des années 50.

 

The arrangement (1969) d'Elia Kazan. Une luxueuse maison américaine aux Etats-Unis à la fin des années 60. Attention : ils regardent la télé ainsi que la caméra... mais la télé et la caméra de cinéma les regardent aussi...!

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 13 décembre 2020.

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 21:58

The Great sleep (1946) de Howard Hawks.

 

You've got a mail (1998) de Nora Efron.

 

Notting Hill (1999) de Roger Mitchel.

 

You (2018) de Greg Berlanti et Sara Gamble.

 

Ou la médiation des livres dans les relations amoureuses : comme entre Tomas et Tereza dans L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera.

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 13 décembre 2020.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de philippe prunet
  • : Idée de ce blog : fixer et trouver un lieu de publicité pour un certain nombre de textes que j'ai fait passer via le net, au fil de l'actualité (la mienne, celle autour), ces trois dernières années. Trouver la verve pour en écrire d'autres et combler ainsi une forme de vocation journalistique; même si tout cela n'est qu'épisodique, sommaire, irrégulier et ne joue que sur une partie de la gamme.
  • Contact

Recherche

Liens