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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 13:52

Source image intermédiaire : Daily Mail.

 

Le mariage de Mary et de Henry dans Downton Abbey :

 

"J'aimerais que nous apprenions à nous connaître sans que tout le monde nous observe."

 

Source image intermédiaire : Daily Mail :

 

L'Américaine (Shirley MacLaine) et l'Anglaise (Maggie Smith) au mariage de leur petite fille :

 

"- C'est toujours réconfortant de voir s'accomplir l'avenir...

 

 - Tant qu'il ne saurait en rien être une réplique du passé."

 

....................................................................................................

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 10 avril 2020 et 30 octobre 2022.

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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 20:37

Extrait de La Méthode, un texte de Léo Ferré paru en 1979 aux éditions Gufo del Tramonto et repris dans La Mauvaises Graine (Textes, poèmes et chansons présentés par Robert Horville; Le Livre de Poche).

 

<< (........................................)

 

ART. 13  CASSER LES CASSEURS !

Pourquoi not ? You see ?

 

L'institutionnalisation de la vertu, c'est le vice juridique établi... et gare à qui s'en offusque !

 

LA METHODE ?

 

Se lever avec précaution et se dire : "Encore à moi à devoir rentrer dans ce jour, dans ce monde et dans cette société..."

Tu peux l'acheter, la Méthode ! Où ?

Chez moi, dans mes fibres, dans mes mains, dans mes yeux.

dans mon... Tu crois ?

Je te méthode, tu t'emméthodes, il se méthodise, nous nous méthodisons, autrefois sous le charme des chocolats pralinés... "Et ! petit, petit..."

 

LA METHODE  ?

 

Dix francs, sept coups de pieds à ta culture,

à son savoir, à notre commisération,

à vos rangs, à leur quoi, Fixe !

 

(..................................) >>

 

Soure image intermédiaire : Bibliothèque municipale  Gaspard Monge de Beaune.

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 25 octobre 2022.

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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 19:20

Lost in the supermarket chantaient les Clash fin 1979... Gangster time chantaient les Specials la même année pour évoquer un monde orwellien où l'on pratique l'espionnage téléphonique.... Dans un texte édité en 1979, La Méthode (éditions Gufo del Tramonto; repris dans La Mauvaise Graine, Le Livre de Poche), Léo Ferré croise un fait divers hexagonal dans un supermarché avec une évocation détournée de l'actualité internationale en l'occurrence iranienne... le terme "ayatollah" devenant alors (en peu de temps) symbole d'intransigeance, de fanatisme ou d'abus de pouvoir... Un texte auquel j'aurais pu faire référence en 1990 et 1991 dans le cadre de mémoires sur La Révolution iranienne au miroir de la Presse française ou sur L'Opinion française et l'Iran... puisque Ferré évoque aussi partiellement, à sa façon, la Presse de l'époque.

 

<< (..................................................)

 

Et cette môme de quinze ans, en janvier 1978, dans notre Univers de pointeurs à caméras voyeuses, cette môme de quinze ans, avec ses deux soeurs plus jeunes, dans un grand Hyper truc, et qui chourave un soutien-gorge, son premier, j'imagine, à soutenir des yeux inquisiteurs, fussent-ils de l'ayatollahMonCul, et cette môme qui se fait piquer à la sortie de cet Hyper truc, et qui se fait garder ses frangines en otage, juste le temps qu'elle puisse aller chercher son papa à la maison... Et cette môme qui est allée se noyer... C'était pas Nulle Part... mais chez tonton Mammouth... qui ECRASE LES PRIX ET LES ENFANTS... Et les journaux

à qui on a fermé leur tronche typo...

sauf Libération... Tiens, tiens...

 

AH ! NULLE PART  NULLE PART

 

(..................................) >>

 

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 25 octobre 2022.

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25 octobre 2022 2 25 /10 /octobre /2022 16:39

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La Méthode ?

 

ART. 1  CASSER LES TELEPHONES

 

Les Autres ? L'Autre ?

 

Les Autres, c'est facile : c'est toi multiplié par eux, c'est clair ?

L'Autre ?

Les Autres ?

J'y reviendrai...

 

ART. 2  CASSER LES AUTRES

 

Quand tu t'es enfilé , comme ça, une peau de crocodile sur le sentiment...

Alors on ne t'approche plus que par ouï-dire :

Ah ! Celui-là, on ne sait pas qui c'est exactement...

Et tu poursuis ton chemin, ta cig ou ton chien, si tu as le sens de la réverbération... Les chiens ne sont pas les Autres. Il fallait bien le savoir un jour ou l'autre, non ? Les chiens, ça réverbère un quelque part qui est juste sur la bulle de l'Univers, un peu en dehors. Ils sont un peu en dehors, les chiens.

Nous, nous bouillons dans l'Administration...

Nous sommes des administratifs ou des administrés...

ça dépend du texte et des cons qui te le mettent...

Pour simplifier on dit : le contexte...

Je t'administre un pied dans le cul Tu m'administres une purge Il s'administre un cassoulet Nous nous administrons

une de ces parties de Messe en Ré de Beethoven que c'en

est désobligeant

Vous vous administrez une syncope jazz du côté du palpit

dit votre dernier cardio

Ils s'administrent un supermarché dans le Super tout ce qu'il y a de bien...

 

(.......................................................)

 

Extrait de La Méthode, éditions Gufo del Tramonto, 1979. Repris dans La Mauvaise Graine. Textes, poèmes et chansons, Le Livre de Poche, présentation de Robert Horville.

 

Rosier dit "Léo Ferré"... Source image intermédiaire : jardiland.com... "Fleurs de méninges"...? comme aurait pu dire aussi Moustaki...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 25 octobre 2022.

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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 11:02

Arthur Rimbaud... Lettre à Georges Izambard de mai 1871...

 

Charleville mai 1871

 

Cher Monsieur !

 

Vous revoilà professeur. On se doit à la Société, m'avez-vous dit ; vous faites partie du corps enseignant : vous roulez dans la bonne ornière. - Moi aussi, je suis le principe : je me fais cyniquement entretenir ; je déterre d'anciens imbéciles de collège : tout ce qui je puis inventer de bête, de sale, de mauvais en action et en paroles, je le leur livre : on me paie en bocks et en filles. Stat mater dolorosa, dum pendet filius, - Je me dois à la Société, c'est juste, - et j'ai raison. - Vous aussi, vous avez raison, pour aujourd'hui. Au fond, vous ne voyez en votre principe que poésie subjective : votre obstination à regagner le râtelier universitaire, - pardon ! - le prouve. Mais vous finirez toujours comme un satisfait qui n'a rien fait, n'ayant rien voulu faire. Sans compter que votre poésie subjective sera toujours horriblement fadasse. Un jour, j'espère, - bien d'autres espèrent la même chose, - je verrai dans votre principe - la poésie objective, je la verrai plus sincèrement que vous ne le feriez ! - Je serai un travailleur : c'est l'idée qui me retient, quand les colères folles me poussent vers la bataille de Paris, - où tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous écris ! Travailler maintenant, jamais, jamais ; je suis en grève.

 

Maintenant, je m'encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à le rendre Voyant : vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas  du tout ma faute. C'est faux de dire : je pense : on devrait dire On me pense. - Pardon du jeu de mots. -

 

Je est un autre. Pardon pour le bois qui se trouve violon, et Nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu'ils ignorent tout à fait !

 

Vous n'êtes pas Enseignant pour moi. Je vous donne ceci : est-ce de la satire, comme vous diriez ? Est-ce de la poésie ? C'est de la fantaisie, toujours. - Mais je vous en supplie, ne soulignez ni du crayon, ni trop de la pensée :

 

Le Coeur supplicié

 

Mon pauvre coeur bave à la poupe...

Mon coeur est plein de caporal !

Ils y lancent des jets de soupe

Mon pauvre coeur bave à la poupe...

Sous les quolibets de la troupe

Qui lance un rire général,

(..............................................)

 

Ca ne veut rien dire. - Répondez moi :

Mr Deverrière, pour A.R..

Bonjour de coeur,

 

Ar. Rimbaud..

 

Source : L'une des lettres du "voyant" dans l'édition établie par Claude Jeancolas pour les éditions Textuel en 1997.

 

"Chacun est quelqu'un d'autre"...?! Mais comme on me le fait remarquer, la traduction exacte du titre (B side)de Steppenwolf serait plutôt "chacun de nous est, va ou peut être le prochain"...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 20 octobre 2022.

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19 octobre 2022 3 19 /10 /octobre /2022 15:06

(Source image intermédiaire : AlloCiné)

 

Lieutenant Columbo (alias Peter Falk)...

 

Révélateur de flagrants délits de bêtise sournoise et assassine... quel que soit le milieu...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 19 octobre 2022.

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13 octobre 2022 4 13 /10 /octobre /2022 13:31

"Prouver que j'ai été moi-même toute ma vie... C'est le problème, non ?"... Telle est l'une des questions que pose Peer Gynt au Ve acte de la pièce éponyme d'Ibsen dans l'adaptation d'Eric Da Silva en 1995 au Théâtre de Gennevilliers...  Peer Gynt qui se transforme tout au long de la pièce  au gré de ses rencontres... changeant sans cesse d'emplois et d'identités... et prenant la fuite dès qu'on veut l'enfermer dans l'une d'elles alors qu'il cherche à préserver sa propre personnalité, à rester lui-même...  Mais qui est-il au juste...? Une seule et même personne avec de multiples identités...? Pour son ex beau-père, le Vieux de Dovre, Peer Gynt n'est resté toute sa vie qu'un Troll des montagnes... mais sans tenir compte des transformations qu'a connu Peer par la suite ou bien de la personne qu'il était avant son séjour chez les Trolls... Quand, au soir de sa vie, Peer épluche comme les pelures d'un oignon les différentes étapes de son existence, il ne parvient pas à trouver son "moi profond" aussi loin qu'il remonte dans le passé... Alors, question de l'ipséité, qu'est-ce qu'être soi-même...? un matériau complexe et évolutif qu'on a du mal à saisir...? 

 

Thèmes de l'identité et de la trans-identité... c'est un peu les questions que pose aussi le metteur en scène suédois Marcus Lindeen (assisté de Mariane Segol-Samoy pour les traductions et les adaptations en français) à travers les spectacles  qu'il présente au T2G jusqu'au 17 octobre 2022  avec La Trilogie des identités...  Ainsi, de formation journalistique, ancien journaliste de radio en particulier, il s'est appuyé sur un corpus d'entretiens pour transposer sur le plan artistique (variations sur les formes), au cinéma et ici au théâtre, des faits et des personnages inspirés du réel... Un théâtre documentaire donc... avec une mise en scène minimale... mais pas exempte de transformations : puisque sont transformés en comédiens des non professionnels qui se sont identifiés aux personnes dont ils interprètent la vie... A cet égard, on notera aussi que le personnage de Peer Gynt, qui passe sans cesse  (si ce n'est d'un rôle) d'une identité à une autre, est lui-même une sorte d'allégorie de l'acteur ou du comédien... Sur le plan du jeu scénique, les interprètes de La Trilogie sont immergés au sein du public à l'intérieur de gradins ou de chaises disposés en cercle... et les entretiens individuels recueillis par Marcus Lindeen sont transposés sur le mode de la conversation en échanges croisés entre les comédiens qui dialoguent, s'interpellent, se questionnent pour rapporter leurs expériences respectives... Expériences entrecoupées et prolongées par la projection d'extraits de films réalisés par Martin Lindeen lui-même sur le même sujet... Mais de quoi parle t-on alors précisément...? Dix personnages pour combien d'identités...? Les cas de figure(s) varient selon les spectacles...

 

Wild Minds (et non pas Relatos salvajes , le titre d'un film argentin) a trait au "trouble de la rêverie compulsive" : la tendance obsessionnelle de certaines personnes à se réfugier dans un monde imaginaire qui finit par dominer leur vie. Conversations à cinq personnages, trois femmes et deux hommes aux âges et origines divers confrontent ainsi leurs rêves aux contenus plus ou moins utopiques ou prosaïques. L'une est évangéliste et trouve l'inspiration dans l'heroic fantasy. L'autre habite un village perdu et rêve, pour s'évader, de télévision : avec l'idée de rencontrer un jour l'animateur Yann Barthès. Une bibliothécaire, de son côté, s'invente un personnage de fiction littéraire dont elle cherche la trace dans la réalité en se rendant sur les lieux où elle décide de le faire vivre. Une femme mariée, qui a vécu lors de sa jeunesse dans un quartier difficile, invente, pour sa part, un personnage de dealer dont elle se plaît à imaginer la trame aventureuse de son existence. Un homme marié insiste sur le fait qu'il ne rêve que de choses "ordinaires" et s'invente une fille puisqu'il n'a pas eu d'enfants. Ainsi, les vies de toutes ces personnes ne seraient-elles dominées que par des songes et la compagnie de personnages qu'il se sont inventés...?  "Je rêve" ou "Je ne vis pas ma vie, je la rêve" chantait Jacques Higelin... Mais le rêve et l'imaginaire ne sont-ils pas moteurs d'action dans la vie de tout à chacun ? Si on se réfère encore à Peer Gynt, on ne sait pas trop si le personnage d'Ibsen est un rêveur qui relate ce qu'il a fabulé ou bien un homme d'action dont tous les gestes et paroles dans le monde réel auraient été portés par l'imaginaire qu'il a en lui...  De son côté, dans un court essai, Robert Louis Stevenson confiait qu'il avait trouvé l'inspiration de son oeuvre littéraire dans les "petits personnages" qui agitaient ses rêves... Personnalités rêveuses et un monde de rêves porteurs d'identités et de vies multiples...? Pour ce qui est du dédoublement de personnalité, on pense aussi avec Stevenson à Dr Jekyll et Mr Hyde...

 

Sans sortir forcément du psychisme, les deux autres spectacles de La Trilogie des identités sont cette fois ci-plus en rapport avec des identités et des trans-identités physiques ou sexuelles. Ainsi, L'Aventure invisible met en scène trois personnages touchés physiquement dans leur identité apparente ou intérieure. L'un est un homme affecté par une maladie dégénérative qui lui déforme la figure et qui, par deux fois, se voit dans l'obligation de se faire greffer un nouveau visage. Un même homme pour trois visages donc, et trois identités physiques différentes. Quadragénaire, il vit paradoxalement avec le visage d'un jeune homme d'une vingtaine d'années. De son côté, une femme touchée intérieurement par un AVC perd la mémoire de sa vie antérieure et doit s'inventer une nouvelle personnalité, une nouvelle identité sans les souvenirs de son existence passée. Enfin, une cinéaste queer refuse de sortir de l'ambiguïté sexuelle d'une personnalité androgyne qu'elle assume socialement en s'affirmant artistiquement. Elle prend ainsi modèle sur l'oeuvre et la vie d'une photographe surréaliste française de l'entre-deux-guerres pour inspirer sa propre existence. Mais combien d'identités alors pour les personnages éponymes de Orlando et Mikael dotés aussi de personnalités androgynes ? L'un et l'autre transformistes sont des hommes devenus femmes avant de reprendre les attributs sexuels de la masculinité selon, pour chacun d'eux, des parcours et des styles de vie singuliers et différents. Référence littéraire, le prénom Orlando est inspiré d'un personnage androgyne d'un roman de Virginia Woolf. Le spectacle restitue scéniquement une conversation que les deux protagoniste d'origine ont eu pour la radio suédoise.

 

Ce qu'on peut noter au final, c'est que les questions liées à la trans-identité  (apparente ou réelle) au sens large (et pas seulement sexuelle) sont couramment traitées dans la création artistique : en particulier théâtrale. Si on se réfère au théâtre grec antique, les masques transfiguraient les  acteurs. Et si la convention d'alors voulait que seuls des hommes puissent accéder à la scène théâtrale, on peut imaginer pour les représentations de  L'Assemblée des femmes  d'Aristophane des hommes interprétant des femmes qui jouaient aux hommes sur la "scène politique" athénienne. Pour ce qui est du théâtre élisabéthain, Shakespeare dans notamment La Nuit des rois joue sur le déguisement et l'échange des identités sexuelles tandis que Le songe d'une nuit d'été évoque toutes les transformations ou métamorphoses. Quant à Peer Gynt d'Ibsen au XIXe siècle, comme indiqué plus haut, la pièce peut refléter toutes les transformations liées à la vie ou à la condition d'acteur. Les exemples de trans-identités sont multiples. Sujet de société, alors que le débat public ou médiatique tend souvent à caricaturer ou bêtifier les choses,  Marcus Lindeen semble rechercher une voie à la fois journalistique et artistique  pacifiée pour rendre compte des faits  : "Les personnages de mes pièces ne se battent pas et n'essaient pas de se positionner les uns contre les autres. Au contraire, ils se posent simplement des questions pour essayer de comprendre la complexité de leurs différentes expériences." Sic transit gloria mundi... Ainsi va la gloire du monde...? et la gloire du théâtre en particulier...? Ce n'est évidemment pas la seule voie de la création théâtrale possible... mais elle pose bien le sujet avec intelligence et sensibilité. Une prime aux deux spectacles les plus longs, L'Aventure invisible ainsi que Orlando et Michaël, dont les dispositifs sont les plus aboutis.

 

La Trilogie des identités de Marcus Lindeen jusqu'au 17 octobre 2022 au CDN de Gennevilliers. Tel : 01 41 32 26 10.

 

Les acteurs de L'Aventure invisible de Marcus Lindeen. Photo de Maya Legos.

 

Article au départ prévu pour une nouvelle revue en ligne Le Bateau ivre qui aurait dû voir le jour durant ce mois d'octobre.

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 13 octobre 2022.

 

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20 septembre 2022 2 20 /09 /septembre /2022 17:47

Réaction aux actualités du jour où il était question du "diable" et du "mal". Remise en perspective?

 

Gombrowicz et le "Diable"...

 

(Reprise d'un article du 27 octobre 2019)

 

Dans Peer Gynt d'Ibsen, le personnage éponyme est poursuivi par le Diable. René Girard voit dans Satan une figure du désir mimétique. Le Diable serait-il chez Gombrowicz une variation sur le poids de la Forme ?

 

"J'ai terriblement peur du Diable. Etrange aveu sur les lèvres d'un incrédule. Je ne peux me libérer de l'idée du Diable... Cette horreur qui vagabonde tout près de moi... A quoi bon la police, les lois, toutes les assurances et mesures de sécurité, si le Monstre se promène librement parmi nous. Sa main libre au milieu  de nous, absolument libre ! Qu'est-ce qui sépare l'univers serein d'un promeneur du souterrain où retentit le cri des damnés? Quoi? Rien, absolument rien, un espace vide... Cette terreur sur laquelle nous marchons est toute couverte de douleur, nous y pataugeons jusqu'aux genoux, c'est la douleur d'aujourd'hui, d'hier, d'avant-hier, d'il y a des millénaires. Car il ne faut pas s'y tromper : la douleur ne se dissout pas dans le temps et le cri d'un enfant d'il y a trente siècles est aussi fort en tant que cri que celui qui a retenti il y a trois jours. C'est la douleurs de toutes les générations et de tous les êtres, pas seulement des hommes. (...) Notre monde lui-même ne contient-il pas en son sein un principe infernal, inaccessible à l'homme, impossible à embrasser par l'entendement ou par le sentiment humain? Peut-être est-il l'inhumanité même, la négation totale de toute nature? Mais nous, nous ne pouvons pas l'admettre car l'homme, c'est certain est incapable par nature de concevoir le mal."

 

Witold Gombrowicz, Journal, Tome II (1959-1969), Folio-Gallimard, 1995, pp.73-74.

 

Merci à Monique Stalens de m'avoir rappelé ce passage pris en note il y a très longtemps.

 

Pour des analyses et rapprochements plus complets entre Peer Gynt d'Ibsen et les oeuvres de Witold Gombrowicz et René Girard  et sur les figures du "Diable" ,  cf. sur ce blog : "Sic transit gloria mundi" ou la révélation mimétique (1995/2009).

 

 

Histoires, formes et approches du "mal"...

 

(Reprise d'un article du 3 novembre 2019)

 

Dans L'approche du mal, un livre réalisé en collaboration avec le journaliste Mathieu Livoreil et qui sort chez Grasset le 6 novembre, le psychologue et criminologue Jean-Luc Ployé apporte son témoignage sur les milliers de criminels et victimes qu'il a expertisés ou rencontrés depuis le début des années 80 dont les cas d'un certain nombre de tueurs en série, violeurs et pédophiles.

 

Ce qui pose la question de savoir si, en raison de la masse et de la diversité des cas et aux regards de l'Histoire et de la littérature (de toute nature) qui s'est développée à ce sujet, on peut circonscrire le "mal" à quelques individus ?

 

Sur le plan littéraire, on retiendra les romans de James Ellroy. Ce dernier, dans Un tueur sur la route , se met ainsi dans la peau et dans la tête d'un tueur en série. Mais son oeuvre rend compte aussi d'un "mal" ou de maux plus divers de la société américaine. Dans Perfidia, à travers un jeu de piste lexical et sémantique, il fait même secrètement référence au "ça" de Stephen King qui incarne un "mal" qui prend corps sous de multiples apparences.

 

Sur le plan historique, on pense bien sûr aux crimes du nazisme. Hannah Arendt suit le cas d'Eichmann et en tire son analyse sur la "banalité du mal". Sur le plan romanesque, on pense aux Bienveillantes de Jonathan Littell.

 

Mais au-delà du "mal absolu" que symbolisent les crimes nazis au yeux du monde, on peut évidemment multiplier les exemples sur les "formes" (pour employer le vocabulaire de Gombrowicz)  du "mal", de l'actualité la plus récente à des époques plus ou moins lointaines.

 

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 20 septembre 2022. Reprise d'articles d'octobre et novembre 2019.

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 21:36

1) Garantir la paix dans le monde "for all the people"....?

 

Imagine there's no heaven It's easy if you try No hell below us Above us, only sky
Imagine all the people Livin' for today Ah
Imagine there's no countries It isn't hard to do Nothing to kill or die for And no religion, too
Imagine all the people Livin' life in peace You
You may say I'm a dreamer But I'm not the only one I hope someday you'll join us And the world will be as one
Imagine no possessions I wonder if you can No need for greed or hunger A brotherhood of man
Imagine all the people Sharing all the world You
You may say I'm a dreamer But I'm not the only one I hope someday you'll join us And the world will live as one
 
 
2) Exposer la vie des "people" mais aussi des "peuples" entiers en toute transparence...?  ou maintenir une distinction entre "peuples exposés" et "peuples figurants"...? Mais qui regarde...?
 

L'amour en vitrine...? Public or private image limited or extended...? Mais se pose toujours la question des spectateurs et du droit de regarder... et de la "logique" des observateurs... Contrepied paradoxal et provocateur du PIL de Johnny Lydon... avec notamment "This is not a love song" (si je me souviens du titre)...

 

Parfois , "people are strange" chantaient aussi The Doors...

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 14 et 15 septembre 2022.

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14 septembre 2022 3 14 /09 /septembre /2022 12:22

Public (?) or private (?) image limited (?) or extended (?)... Ou, pour reprendre sommairement le titre du quatrième volet de la série "L'Oeil de l'histoire" éditée aux Editions de Minuit par le critique d'art et historien de l'image Georges Didi-Huberman : "Peuples exposés," (et/ou) "peuples figurants"... (?) Dans le cadre d'une "géopolitique des passions françaises" ou, plus largement, d'une étude des "peuples au miroir du Monde", on peut tenter de mesurer la visibilité des peuples les uns par rapport aux autres au sein de sociétés de plus en plus interconnectées et médiatisées à l'échelle internationale et au sein d'une même civilisation mondialisée de l'image qu'ont permis les progrès de l'informatique et de l'internet au-delà des modes de communication plus anciens ou plus traditionnels. Le Royaume-Uni à l'occasion du décès et de la succession d'Elizabeth II peut fournir un cas d'espèce. A cet égard, il faut distinguer les peuples saisis à leur échelle nationale ou bien en fonction de leurs catégories sociales. Comment donc ainsi envisager le Royaume-Uni à travers sa monarchie, son(/ses) peuple(s), sa ou ses "nations"...? Quelles images ou représentations en retirer aux yeux des uns et des autres...?

 

Détour par l'Iran... ces questions, je me les étais déjà posées en 1990 et 1991 à travers des mémoires d'histoire sur La Révolution iranienne au miroir de la presse française"  et, plus largement, sur L'Opinion française et l'Iran depuis 1945. Pour ce qui était du contenu des représentations, il s'agissait de dégager une "imagologie interculturelle" de l'Iran. C'est-à-dire, selon l'essai de Jean-René Ladmiral et Edmond Marc Lipiansky sur La communication interculturelle (Paris, Armand Colin, 1989) : "l'analyse sémiotique et socio-historique des identités nationales", la science ou la logique des images qui "analyse le contenu des représentations collectives qu'un peuple se fait d'un autre (hétéro-images) et de lui-même (auto-images)." Mais comment procéder ? et comment préciser encore mon objet ou sujet d'étude? En complément, je mettais en exergue une problématique à la Prévert inspirée de son texte La balade de Picasso dite en son temps par Yves Montand. Ainsi :

 

<< Un "peintre de la réalité" veut peindre une pomme. Or, la pomme ne se laisse pas peindre telle quelle : insensiblement elle bouge, se met en scène, se donne les "apparences de la réalité". Le point de vue du peintre se modifie à son tour, l'observateur se trouble. Surgissent des "associations d'idées charitables et redoutables de charité et de redoutabilité". Sur ce arrive Picasso qui croque la pomme et laisse au "peintre de la réalité" les "pépins de la réalité". >>

 

J'ajoutais :

 

<< Pour ma part, je ne m'intéresserai ni aux "pépins de la réalité" ni à la pomme en soi (l'objet indirect de l'étude, l'Iran, ne pouvant être "croqué", si ce n'est dans le sens figuré d'une représentation), mais me pencherai sur la réalité extérieure et la périphérie de la pomme, c'est-à-dire de l'Iran. Quelles "apparences de réalité" se donne t-elle ? celles d'un Etat moderne ou d'une Etat islamique ? Comment les observateurs tentent-ils de saisir et de décrire la réalité iranienne ? Par le biais de quelles "associations d'idées" certains observateurs réagissent-ils à la réalité iranienne ou à ses apparences sur les plan idéologique, politique, humanitaire, etc. ? >>

 

Dans ces conditions, au-delà même des évolutions dans le temps de la masse de la couverture médiatique sur l'Iran, quelle(s) image(s) retenir de ce pays ? C'est la question que se posait notamment Marc Kravetz dans Irano nox (Paris, Grasset, 1982) après avoir couvert pour Libération les débuts de la République islamique :

 

<< Sujet intéressant : tu montres une fille en jean ou en pantalon crème, un type qui a mal à l'oeil et qui se fait examiner par une femme qui peut être la sienne et tu dis : j'ai vu ça en Iran. On te demande quel rapport ça peut bien avoir avec l'Iran et tu réponds : le rapport c'est que nulle part ailleurs, je n'aurais eu envie de prendre un tel cliché. >>

 

Mais, pour en revenir aux actualités du jour, si l'Iran revient occasionnellement à la une des médias tandis que la guerre en Ukraine attire de façon constante l'attention (du moins en Occident) depuis février 2022, le Royaume-Uni est à la une en ce mois de septembre depuis le décès de sa reine : qu'on rappelle historiquement le passé ou que l'on suive pas à pas les étapes et les cérémonies liées à la succession de la souveraine. Cependant, quelles images ou représentations en retenir ? Le Royaume-Uni peut constituer un cas d'école. C'est, au sein d'un Etat multinational, le cadre politique, celui de la monarchie parlementaire  avec un focus sur la famille royale, qui est mis en avant. A cet égard, dans sa biographie de Shakespeare, Stephen Greenblatt souligne l'importance du spectacle que constituait la royauté au temps d'Elizabeth 1ère dont il reprend les paroles : "La princes vivent sur une scène à la vue du monde entier." Ce qu'on peut compléter par une citation de La société réfléchie, un essai paru au Seuil en 1989, où Eric Landowski note : "Spéculairement, la communauté sociale se donne en spectacle  à elle-même et, ce faisant, se dote des règles nécessaires à son propre jeu."  Même si, depuis le XVIIe siècle, le pouvoir anglais s'est progressivement démocratisé en passant au Parlement, la royauté reste un symbole d'unité et continue à se donner en représentation. La télévision après guerre a contribué à accroître le phénomène à une échelle mondiale. Les Windsor, famille "exposée" pour représenter symboliquement son ou ses peuples : ces derniers ne seraient-ils pour autant qu'un ou des "peuples figurants" ? On sait que, par delà la nation politique britannique et la place prépondérante que l'Angleterre y occupe, les autres nations (qu'on peut qualifier de "culturelles") qui constituent le Royaume-Uni sont, non seulement représentées sur l'Union Jack mais aussi par des parlements locaux. C'est cette reconnaissance qu'entendaient signifier les visites de Charles III en Ecosse et en Irlande du Nord. Ce qui n'empêche pas pour autant des velléités d'indépendance comme en Ecosse alors que le rejet du Royaume-Uni n'exclut pas un désir de réintégrer l'Union européenne. Quant aux peuples du Commonwealth, selon les cas, les liens avec la Couronne sont devenus plus ou moins lâches. Mais, sur le plan strictement intérieur, si on s'en tient aux catégories sociales, les classes populaires, dont un cinéaste comme Ken Loach donne l'image dans ses films, peuvent-elles continuer à se reconnaître dans la monarchie britannique ? Que ce soit sur le plan "national" ou "social", se posent ainsi le problème de la visibilité plus ou moins limitée ou étendue des "peuples" par rapport à leurs catégories (élites...?) représentatives  ou dirigeantes. Comment alors faire "nation" ? Dans l'adversité...? C'est ce que montrent les réactions des Ukrainiens à l'attaque russe de leur territoire et à l'agression de leur population. Mais au-delà des combats sur le terrain, c'est sur le plan médiatique, tant au plan international qu'auprès des opinions publiques intérieures, que se joue également le conflit. Conflits plus ou moins couverts médiatiquement. C'est à un moment où l'Opinion internationale est focalisée sur l'Ukraine que l'Azerbaïjdan en profite pour attaquer territorialement l'Arménie.  Sinon, que ce soit en monarchie ou en république, ce qu'évoque aussi le spectacle de la royauté des Windsor, c'est que la transparence et la publicité des vies passées au crible de veilles plus plu sou moins intrusives s'est largement étendue tant en démocratie que dans les dictatures. "Public or private images limited or extended"....?

 

(Source image intermédiaire : Larousse)

 

Blog de Philippe Prunet (Overblog) : 14 septembre 2022.

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